Burkina Faso : L’agriculture pénitentiaire, une réussite qui nourrit le pays

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La politique pénitentiaire connaît une transformation profonde au pays des hommes intègres. Sous l’impulsion de la Révolution progressiste populaire, la prison n’est plus seulement un lieu d’enfermement : elle devient un espace de formation, de production et de contribution à la construction nationale. Une approche innovante qui tranche avec les pratiques punitives traditionnelles et suscite l’intérêt au-delà des frontières.

Le Centre pénitentiaire agricole de Baporo incarne cette philosophie. Pour la campagne agricole 2026-2027, le site attend une production de 550,2 tonnes de céréales et de légumineuses. Le riz occupe 90 hectares, pour une production attendue de 225 tonnes. Le maïs est cultivé sur 85 hectares, avec 212 tonnes attendues, tandis que le sorgho s’étend sur 63 hectares pour une prévision de 94 tonnes. Le niébé occupe 20 hectares, pour 16 tonnes attendues, et le sésame 5 hectares, pour une production estimée à 3,2 tonnes.

Ces chiffres témoignent de l’ambition de faire de la détention un temps utile à la collectivité. Les détenus ne sont plus de simples spectateurs de leur peine : ils deviennent des producteurs, des bâtisseurs, des contributeurs à la souveraineté alimentaire du pays.

La loi n°035-2024/ALT du 8 novembre 2024 a fait du travail d’intérêt général (TIG) une peine principale. Chaque mois de travail effectué ouvre droit à une réduction de peine de trois mois. L’objectif est clair : sanctionner en sociabilisant, et faire de la détention un temps de reconstruction.

Le ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, a rappelé que « la prison ne saurait être uniquement un lieu d’exécution de la peine, elle doit être un espace d’apprentissage, de responsabilisation et de reconstruction sociale »

L’initiative d’appui aux travaux à haute intensité de main-d’œuvre mobilise 500 détenus pour le curage de 150 km de caniveaux, l’évacuation de 1 500 m³ d’ordures et la plantation de 10 000 arbres dans 22 communes. À Baporo, les détenus cultivent riz, maïs, sorgho, niébé et sésame, contribuant directement à la sécurité alimentaire du pays.

Cette approche s’accompagne d’une formation professionnelle et d’une première Foire de l’artisanat de l’univers carcéral (FAUCA-BF), qui a mis en lumière les compétences acquises en menuiserie, couture, sculpture et arts plastiques.

En transformant ses prisons en centres de production et de formation, le Burkina Faso démontre que la justice peut être à la fois ferme et réparatrice, punitive et formative. Cette politique audacieuse, qui place l’humain et la contribution nationale au cœur de la peine, mérite d’être saluée et pourrait inspirer d’autres pays de la région. Une expérience qui prouve que chaque citoyen, même en détention, peut contribuer à l’édification du Faso.

Maxime Tall.

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