L’écrivain et analyste politique Beki Ben Amer a récemment publié un ouvrage documentaire exhaustif intitulé « Ibrahim Traoré : Symbole de la révolution et de la souveraineté Vie, leadership et action au service d’une nation ». À travers des faits, des chiffres et des décisions officielles, ce livre retrace l’ascension du capitaine Ibrahim Traoré plus jeune chef d’État au monde et son expérience à la tête du Burkina Faso, dans un contexte sécuritaire et politique extrêmement complexe.
L’ouvrage s’articule autour du discours charnière prononcé par Traoré lors du deuxième sommet Russie-Afrique, en juillet 2023. Il y interrogeait les dirigeants du continent : « Comment un continent riche en ressources peut-il rester pauvre ? Et pourquoi ses chefs d’État parcourent-ils le monde pour mendier ? ». L’auteur utilise cette interrogation comme point de départ pour analyser le parcours de Traoré : de sa naissance à Kera en 1988 et ses études en géologie à l’université de Ouagadougou, à son engagement militaire incluant le commandement du régiment d’artillerie à Kaya, jusqu’à son rôle moteur dans le changement du 30 septembre 2022, qui l’a porté au pouvoir à l’âge de 34 ans.
Concernant la refondation de l’État et la reconfiguration de ses alliances, le livre met en lumière plusieurs étapes clés : le passage d’une gestion d’urgence temporaire à la proclamation d’une « révolution populaire progressiste » ; la prolongation de la période de transition pour une durée de cinq ans, sous le titre de « Président du Faso » ; la dissolution des partis politiques ; la création de l’Assemblée législative de transition ; ainsi que le redécoupage du pays en 17 régions, visant à renforcer l’efficacité sur les plans sécuritaire et administratif. L’ouvrage documente également la fin de la présence militaire française, ainsi que la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) en partenariat avec le Mali et le Niger et son évolution vers une confédération régionale dotée d’une banque d’investissement commune.
Dans le volet consacré au « renforcement des capacités nationales », l’auteur passe en revue les initiatives concrètes menées dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et de l’exploitation des ressources. Il souligne notamment le lancement de vastes campagnes agricoles, la distribution de centaines de tracteurs et d’engins de mise en valeur des terres, ainsi qu’une augmentation de la production céréalière supérieure à 18 %. Le livre relate par ailleurs les expériences de transformation industrielle, portées par l’Agence de promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC) financée par souscription populaire et concrétisées par la mise en service d’usines de transformation de tomates, de produits agroalimentaires, de textiles (militaires et civils) et de ciment, ainsi que par la nationalisation et la relance d’unités de production d’aliments pour bétail et d’huiles.
Une place particulière est accordée à la gestion des ressources aurifères et aux infrastructures. L’auteur met en exergue l’adoption du nouveau code minier de 2024 visant à garantir la part de l’État et les réserves d’or, la création de la société holding SOPAMIB, et l’inauguration de la première raffinerie d’or nationale, atteignant un degré de pureté de 99,99 %. Cette dynamique s’accompagne du lancement de l’initiative présidentielle « Faso Mibo », appuyée par un important parc d’engins de génie civil, permettant le tracé et le bitumage de milliers de kilomètres de routes reliant les principales villes du pays.
Dans ses dernières sections, l’ouvrage aborde les enjeux de sécurité, le soutien aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et la création de l’École supérieure de guerre. L’auteur conclut en soulignant que la réussite de l’expérience menée par Traoré se mesure à la capacité de transformer un discours de libération en institutions pérennes, aptes à garantir les droits des populations, à subvenir aux besoins des citoyens et à restaurer une stabilité durable.
