Liberia : Président Joseph Boakai, l’audit de la Présidence, du Judiciaire et du Législatif, une révolution dans la gouvernance

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Le président Joseph Boakai a franchi une étape sans précédent dans l’histoire du Liberia en soumettant son propre bureau, ainsi que les principales institutions de l’État, à des audits approfondis. Une première pour un chef d’État en exercice, qui marque une rupture radicale avec les pratiques du passé.

L’audit de l’Office of the President, mené par la Commission générale d’audit (GAC), constitue une initiative inédite. Pour la première fois, un président en exercice accepte de se soumettre au même contrôle que celui qu’il impose à ses collaborateurs. L’Auditeur général a qualifié cette décision d’« historique », soulignant que le chef de l’État a choisi l’exemplarité plutôt que l’opacité.

Au-delà de la Présidence, le président Boakai a ordonné des audits de la Banque centrale du Liberia, du pouvoir judiciaire (Judiciary) et du pouvoir législatif (Legislature). Ces institutions, longtemps considérées comme intouchables, sont désormais soumises à un examen rigoureux de leur gestion financière.

Les investigations ont mis au jour des dysfonctionnements systémiques. L’audit des recettes publiques, couvrant la période de juillet 2018 à décembre 2024, a révélé des écarts s’élevant à 91,8 millions de dollars et 12,7 milliards de dollars libériens. Des banques commerciales ont pris jusqu’à 24 jours pour transférer les fonds collectés au gouvernement, en violation des délais de 24 heures requis. Des retraits non autorisés et des opérations de réversion frauduleuses ont également été identifiés.

Ces révélations confirment l’ampleur des pratiques opaques qui ont longtemps caractérisé la gestion des finances publiques au Liberia. Elles justifient pleinement la démarche du président Boakai, qui entend tourner définitivement la page de l’impunité.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de gouvernance responsable. Le gouvernement a mis en place des mécanismes anticorruption supplémentaires, notamment le Bureau du Médiateur, l’Équipe spéciale de récupération d’actifs et le processus de création d’une Cour des crimes de guerre et des crimes économiques. Des exigences de déclaration de biens ont été imposées à tous les fonctionnaires, avec des suspensions et amendes pour les contrevenants.

La Commission générale d’audit a d’ailleurs honoré le président Boakai pour avoir créé un environnement d’audit exempt d’ingérence politique et pour avoir assuré un financement budgétaire adéquat à l’institution.

En ouvrant son bureau à l’audit et en exigeant la même rigueur dans toutes les institutions, le président Boakai envoie un message clair : le Liberia tourne la page de l’impunité et s’engage résolument sur la voie d’une gouvernance transparente et redevable. Une démarche courageuse qui, si elle se poursuit, pourrait bien restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions et inspirer d’autres pays de la région.

Tony B.

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