Burkina Faso : La croisade du Président Ibrahim Traoré pour une Afrique maîtresse de ses ressources.

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Il fut un temps où l’on pillait en uniforme. Aujourd’hui, on pille en costume, avec un rapport de gouvernance, une conférence des donateurs et un sourire compatissant. L’ordre établi par les puissances occidentales n’a pas aboli la tutelle : il l’a modernisée, dotée d’un vocabulaire apaisant et d’un service après-vente.

Le paternalisme en est la pierre angulaire. Le Sud, nous dit-on, doit être « accompagné », « conseillé », « renforcé dans ses capacités ». Comme si des peuples qui ont bâti des empires, des universités et des routes commerciales transsahariennes attendaient de recevoir leur permis de gouverner. Le diktat se présente toujours en bon père de famille : « C’est pour ton bien ».

Vient ensuite la condescendance, ce raffinement de la domination. Les pays africains sont « fragiles », « émergents », « en transition », jamais simplement souverains. Les experts atterrissent, découvrent des évidences que les populations connaissaient depuis des générations, et les facturent en consultance. La reconnaissance, quant à elle, se distribue à doses homéopathiques : un satisfecit du bout des lèvres, une salutation polie quand l’on obéit, une « inquiétude profonde » dès qu’on cesse de le faire. Les compliments sont légers ; les ponctions, elles, sont lourdes.

Car derrière les mots, il y a les actes. L’or, l’uranium, le lithium, le manganèse, le cacao quittent le continent par tonnes, tandis que la valeur ajoutée voyage en classe affaires, mais jamais vers nous. On extrait chez nous, on transforme chez eux, et l’on nous vend ensuite le produit fini avec un discours sur la bonne gouvernance. Le pillage systématique n’a même plus besoin de se cacher : il dispose de contrats, de clauses de stabilité et d’avocats d’affaires.

C’est dans ce contexte que le Burkina Faso du capitaine Ibrahim Traoré bouscule la table. Renégocier les contrats miniers, relever la part de l’État dans l’or, parler de colonialisme économique et de souveraineté panafricaine : pour les tuteurs, c’est une impolitesse ; pour des millions d’Africains, c’est enfin une évidence.

L’Occident peut continuer à utiliser son langage paternaliste, à dessiner les frontières de l’Afrique depuis les salons feutrés de Paris, Londres et Washington. Mais l’Afrique se réveille. Le pari de Traoré est simple : cette fois, le continent est prêt. La souveraineté économique n’est pas un slogan, c’est la seule voie de survie.

Le crépuscule de l’ancien ordre est arrivé. L’Occident peut choisir de se retirer avec dignité, ou d’être broyé par le cours de l’histoire. Le choix lui appartient. Mais l’avenir de l’Afrique ne s’écrira plus par sa main.

Shalom K.

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