Bénin : Vers une requalification des bourses d’études pour mieux répondre aux besoins du marché

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Alors que l’insertion professionnelle des jeunes demeure un enjeu majeur pour le système éducatif, le gouvernement béninois veut renforcer la synergie entre le financement des études, le choix des filières et les besoins de l’économie.

Dans son projet de budget 2027, le gouvernement de la République du Bénin prévoit de requalifier le dispositif des bourses d’études « en liaison avec les filières prioritaires et les besoins du marché de l’emploi ». Cette mesure répond à des priorités de renforcement du capital humain, avec l’objectif affiché de contribuer à la transformation de l’économie et de lever les freins à l’insertion professionnelle des jeunes.

Le compte rendu du Conseil des ministres publié le mercredi 7 octobre ne précise toutefois ni les filières qui seront prioritaires, ni les nouveaux critères d’attribution, ni la répartition des bourses par domaine. Il ne fixe pas non plus d’objectif chiffré d’insertion professionnelle associé à cette requalification.

Pour comprendre ce que cette mesure pourrait changer, il faut examiner les règles qui encadrent déjà l’attribution des bourses. Sur son site officiel, la Direction des bourses et aides universitaires (DBAU), le service chargé de la gestion de ces aides au sein du ministère de l’Enseignement supérieur, indique que ses propositions d’attribution doivent notamment s’appuyer sur un diagnostic des besoins de l’économie nationale, des effectifs étudiants et des filières existantes.

Pour l’année universitaire 2024-2025, la DBAU recensait 17 096 bourses dans les universités publiques, 310 à l’étranger et 20 721 aides universitaires. La mesure annoncée pour 2027 prolonge une évolution engagée dès la rentrée universitaire 2026-2027. Le gouvernement a annoncé une augmentation significative du nombre de bourses dans les filières techniques et professionnelles, afin d’encourager les apprenants à s’y orienter. Les montants ont également été revalorisés selon les filières.

La Commission nationale des bourses et aides universitaires dispose par ailleurs d’une base de données sur les besoins en formation des ressources humaines. Cette instance réunit notamment des représentants de l’enseignement supérieur, des finances, du développement, des affaires étrangères et du travail. Le projet de budget donne ainsi davantage de visibilité au lien entre financement des études et besoins en compétences, sans détailler encore les changements attendus dans les critères d’attribution.

Cette évolution intervient alors que l’accès à l’emploi reste une préoccupation majeure. Selon une enquête d’Afrobarometer publiée en août 2026, 51 % des Béninois âgés de 18 à 35 ans interrogés se déclarent sans emploi et à la recherche d’un travail. Parmi les obstacles cités, 29 % mentionnent le manque de formation ou de préparation adéquate, et 17 % soulignent un défaut de l’expérience professionnelle exigée par les employeurs.

Les indicateurs du marché du travail soulignent aussi l’ampleur du défi. Selon les estimations de l’Organisation internationale du travail (OIT), près de 16 % des jeunes de 15 à 24 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. La Banque mondiale estime, pour sa part, que plus de 90 % des travailleurs béninois ont un emploi informel.

Dans cette conjoncture, la portée de la requalification des bourses d’études dépendra des filières retenues, des critères appliqués et des résultats obtenus en matière d’insertion professionnelle.

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