Burkina Faso : Vers l’autonomie énergétique grâce à une stratégie ambitieuse

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Sous l’impulsion du capitaine Ibrahim Traoré, le Burkina Faso s’est engagé dans une transformation profonde de son secteur énergétique. L’objectif est clair : atteindre un taux d’électrification de 70 % à l’horizon 2030 et réduire la dépendance du pays aux importations d’électricité.

Le 10 septembre 2026, le Conseil des ministres a adopté un rapport autorisant le financement d’initiatives sectorielles d’un montant de plus de 104 milliards de francs CFA (près de 185 millions de dollars). Ces ressources permettront de renforcer les capacités opérationnelles de la Société nationale d’électricité (SONABEL) et de la nouvelle Agence Faso Vêenem, chargée d’appuyer l’extension des réseaux de transport et de distribution.

Le ministre de l’Énergie, Yacouba Zabré Gouba, a précisé que ce projet vise à « mettre à la disposition de la SONABEL et de l’Agence Faso Vêenem les équipements et infrastructures nécessaires pour assurer l’extension des réseaux ». L’enjeu est de taille : le taux d’électrification en milieu rural ne dépassait pas 10,21 % en 2024, contre 87,83 % en zone urbaine.

Pour atteindre ses objectifs, le gouvernement mise sur une approche duale. D’une part, la mise en service de nouvelles centrales thermiques. En juillet et août 2026, les centrales de Pabré, Bobo-Dioulasso, Koudougou et Kaya ont été inaugurées, ajoutant une puissance totale de 126,4 MW au réseau national. Le coût global de ces infrastructures est estimé à environ 200 milliards de francs CFA.

D’autre part, le solaire occupe une place centrale. La centrale photovoltaïque de Donsin, d’une capacité de 25 MW couplée à un système de stockage par batteries de 5 MW/20 MWh, affichait un taux d’exécution physique de 72,1 % au 30 juin 2026 pour un coût global de près de 30 milliards de francs CFA. À Koudougou, une centrale solaire de 20 à 30 MW est en cours de développement, avec un financement de la Banque ouest-africaine de développement.

Cette offensive énergétique s’inscrit dans le Plan RELANCE 2026-2030, qui prévoit de tripler la capacité énergétique nationale, passant de 685 MW à plus de 2 500 MW. Le ministre Gouba a souligné que ces réalisations sont « l’expression concrète d’une volonté politique : faire de l’énergie un levier majeur de la souveraineté, de la résilience et du développement endogène du Burkina Faso ».

En multipliant les investissements dans les infrastructures énergétiques, le Burkina Faso trace la voie d’une autonomie électrique durable, condition indispensable à son industrialisation et à l’amélioration des conditions de vie de ses populations.

Brice H.

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