Sierra Leone : Quand le Président Julius Maada Bio transforme les motards en ambassadeurs de la paix

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Au Sierra Leone, où les jeunes de moins de 35 ans représentent près de 80 % de la population, les motards-taxis sont omniprésents. Estimés à plus de 1,2 million à travers le pays, ils assurent une mobilité essentielle dans les zones rurales, mais portaient jusqu’ici une réputation de fauteurs de troubles, souvent en conflit avec la police. Le président Julius Maada Bio a décidé de transformer ce potentiel en levier de stabilité sociale.

Le 2 décembre 2025, le chef de l’État a officiellement lancé un programme de formation pour 1 300 jeunes motards, soutenu par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix. « Je suis moi-même un ancien motard », a rappelé le président, établissant un lien personnel avec les bénéficiaires. Il a invité ces jeunes à saisir cette opportunité de formation aux métiers alternatifs, dans le cadre des « Big Five Game Changers » de son gouvernement.

Le programme, mis en œuvre par le ministère de la Jeunesse en partenariat avec le PNUD et le Fonds d’équipement des Nations unies, offre une formation technique et professionnelle reconnue. Les participants reçoivent une éducation à la sécurité routière, à la gestion financière, à l’entrepreneuriat et à la citoyenneté, avec la possibilité de se spécialiser en plomberie, menuiserie ou coiffure. L’ouverture de comptes bancaires et la distribution de kits de démarrage complètent le dispositif.

Au-delà de la simple formation, l’initiative vise à réconcilier les motards avec les forces de l’ordre. La signature en octobre 2024 d’un accord national entre la police, l’Autorité de la sécurité routière et le syndicat des motards a jeté les bases de ce dialogue. Les plateformes de concertation régulières ont permis de résoudre les griefs et d’instaurer une confiance mutuelle. Des centaines de motards ont déjà été formés comme « ambassadeurs de la paix », apprenant à désamorcer les conflits et à promouvoir la non-violence.

« Les motards sont maintenant reconnus comme des citoyens pacifiques », se félicite le secrétaire général du syndicat. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation du capital humain, que le président Bio considère comme le minerai le plus précieux du pays. En donnant aux jeunes les moyens de construire un avenir durable et pacifique, Julius Maada Bio prouve que la paix se gagne aussi sur les routes et dans les communautés.

Assih T.

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